Norwegian style : Le jdr en Norvege (intro)

La suite. Ou plutôt le début, avec l’introduction du livre…

Pourquoi en parler ici au lieu de parler directement des jeux ? Parce qu’elle parle de l’histoire du jdr en Norvège, un peu de la façon dont il est pratiqué et surtout de la façon dont il est organisé. Certains éléments permettent de relativiser sur la façon dont on peut percevoir les choses sur le jdr en France, d’autres laissent carrément songeurs.

Ce que j’en ai retenu, sans avoir d’autres source sur le sujet et en gardant bien en tête que l’ouvrage en question cherche à promouvoir à l’étranger une certaine vision du jeu revendiquée comme nationale ;

  • Les norvégiens, comme nous, jouent essentiellement aux jeux traditionnels. L’auteur cite DD et le WoD en tête ;
  • Comme ailleurs, les rôlistes sont aussi des râlistes ;
  • Le premier jeu norvégien a été publié (dans son pays donc) en anglais, sans grand succès, et avec de fortes suspicions d’avoir été en fait financé par l’église de scientologie. C’était en 1987 et on pouvait toucher un serpent géant dans 28 localisations différentes ;
  • Apparemment, il n’y a pas (ou peut être pas avant 2000) d’éditeur de jdr à proprement parler. Ils sont publiés par des maisons d’éditions classiques. Oui, genre Gallimard ;
  • Jusqu’en 1999, les jeux (au moins pour les non traduits) sont essentiellement amateurs ou à compte d’auteur. Ils se font connaître soit par le circuit des conventions, soit par le bouche à oreille, soit par le principal fanzine local : imagonem ;
  • En 1996, un jeu étrange sort, vendu sur disquettes sans règles et avec une présentation powerpoint comme livret d’univers. C’est un jeu « politique » se situant dans une Norvège quatre ans plus tard où l’extrême droite chrétienne a pris le pouvoir et des démons déguisés en anges se promènent sur Terre ;
  • En 1999, pour la première fois un jdr norvégien sort dans une « vraie » maison d’édition. C’est un medfan apparemment classique, mais dont le côté cru jure assez avec le côté simple et propice à l’initiation des règles ;
  • En 2000, l’auteur du jeu en question créée une organisation qui reçoit l’équivalent de dizaines de milliers de dollars de leur ministère de la culture et qui reverse des bourses d’environ 1500 dollars à des concepteurs de jdr. Par contre, bizarrement, un seul débouche sur une parution réelle ;
  • En 2004 est créée l’association des concepteurs de jeux. Comme on s’en doute, les moyens ne sont pas énormes et, en plus de la « jeuderologie », ils organisent des ateliers pour aider ceux qui veulent s’y mettre ;
  • Quelque part dans ces années, d’après l’auteur, commence à se créer un « style norvégien » allant voir ce qui se fait ailleurs (notamment au niveau de l’indie US) mais avec un twist local, mettant davantage l’accent sur la jouabilité, la coopération et la simplicité. Un des effets les plus visibles serait l’apparition de ces fameux « roleplaying poems » ;
  • Une organisation appelée Hyperion se met en place. Elle correspond en fait à ce qu’on pourrait appeler une fédération recensant 12 000 membres qui se charge d’aller parler aux médias et aux politiques. Concrètement, elle lève des fonds auprès du ministère de la culture et finance certaines autres organisations (comme celle des concepteurs de jeux) ;
  • En 2006, par exemple, l’éditeur du livre est subventionné par le même ministère d’écrire un jeu sur la persécution des juifs durant la seconde guerre mondiale. D’un point de vue bureaucratique, le jdr est donc reconnu non seulement comme culturel, mais aussi artistique ;
  • Depuis 2005, un concours appelé RISK (un royal rumble sur une semaine) attire et fédère une communauté de concepteurs. Il en va de même pour certaines conventions bien identifiées.
  • Si j’ai bien compris, aucun jeu local n’a eu plus de trois suppléments publiés. Le premier (le seul ?) est un jeu publié à compte d’auteur en 1993 qui n’a pas connu le succès.

Et sinon, pour ceux qui auraient des doutes, Drakar och Domener, Kult et Mutant Chronicles restent des jeux suédois et pas norvégiens.

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